
Le corps de l’acteur, mémoire vivante des sociétés
Au colloque scientifique international de la 15ᵉ édition du Festival culturel international du théâtre de Béjaïa, chercheurs et praticiens ont interrogé les liens entre la scène, les rituels et les mémoires collectives. Des pratiques féminines algériennes aux traditions théâtrales irakiennes, leurs interventions ont mis en lumière le rôle de l’acteur dans la transmission et la transformation du patrimoine immatériel.
Comment le théâtre peut-il s’emparer des pratiques culturelles et des rituels d’une société sans les réduire à un décor folklorique ? Et comment le corps de l’acteur peut-il porter une mémoire que les mots ne suffisent pas toujours à exprimer ? Ces questions ont traversé l’ouverture du colloque scientifique international organisé dans le cadre de la 15ᵉ édition du Festival culturel international du théâtre de Béjaïa, autour du thème «Théâtre et anthropologie : place de l’acteur dans la problématique».
En ouverture, le commissaire du festival, Ali Aïssaoui, et son directeur artistique, Omar Fetmouche, ont pris la parole avant la présentation du programme scientifique. Le modérateur, le sociologue Abdelhalim Berretima, directeur d’un laboratoire de recherche à l’université de Béjaïa, a replacé les échanges dans le dialogue entre anthropologie et création théâtrale.
L’anthropologue et l’homme de théâtre partagent, en effet, un intérêt pour les comportements, les rites et les faits sociaux. Mais là où le premier cherche à les observer et à les comprendre, le second les transforme en matière de représentation.
La référence à la méthode des actions physiques de l’homme du théâtre russe Constantin Stanislavski permet d’éclairer cette proximité : l’analyse du comportement passe aussi par les gestes et les actions concrètes, et non par les seules intentions ou les émotions exprimées.
✍️ APS


