
Une matière vivante de création
Pour lui, le théâtre ne peut se limiter à exposer des costumes, des chants ou des mouvements traditionnels, au risque de figer des pratiques vivantes dans une présentation folklorique. La question est plutôt de savoir comment les connaissances acquises sur le terrain peuvent nourrir une création contemporaine sans dénaturer les pratiques dont elle s’inspire. Cela suppose un travail de recherche, une relation de confiance avec les détenteurs des savoirs et une attention portée aux fonctions sociales et symboliques des gestes, des objets, des rythmes et des espaces.
Les expériences de création évoquées dans ce cadre, notamment le travail de l’homme de théâtre algérien, Omar Fetmouche, directeur artistique du festival de Béjaïa, autour du patrimoine immatériel, montrent l’importance de cette médiation entre artistes, chercheurs et communautés. Dans Voix de sable de Fetmouche, l’observation des pratiques ne constitue qu’un premier temps : encore faut-il comprendre leur sens, leur contexte et les relations qu’elles organisent. La scène devient alors un lieu de traduction et de transformation. Le silence, la répétition, la musique, le mouvement et la participation du public peuvent réactiver une expérience collective.
L’enjeu est de construire une démarche à la fois scientifique et artistique, ancrée dans les réalités algériennes, qui préserve la vitalité du patrimoine plutôt que de le réduire à une image figée du passé.
✍️ APS


