
Que signifie vraiment avoir des pensées intrusives ?
Avoir une pensée intrusive, c’est vivre un événement mental involontaire. En pleine réunion, on imagine prononcer une insulte, en préparant le dîner, une image de geste violent envers un proche traverse l’esprit. Tout de suite on se demande pourquoi on a pu penser cela et surtout ce que cela dit de soi. En réalité le malaise vient parfois autant de ces questions que de la pensée elle-même.
Des pensées qui s’imposent
Une pensée intrusive est une pensée, une image ou une impulsion mentale qui apparaît sans être souhaitée. Elle peut concerner une erreur, une contamination, la sexualité ou la peur de faire du mal. Son contenu peut heurter les valeurs de la personne et provoquer honte ou inquiétude.
Si ces expériences sont courantes, elles ne suffisent pas à elles seules pour poser un diagnostic. Avoir une pensée violente ou sexuelle non désirée ne veut pas dire qu’on va la réaliser. Comme notre cerveau est doué d’imagination, son apparition ne constitue pas, à elle seule, une preuve de dangerosité ou de désir caché.
Quand le doute prend de la place
La difficulté peut s’installer quand on cherche sans fin ce que cette pensée signifie. On repasse la scène dans sa tête, on vérifie ses réactions, on demande fois à un proche de nous rassurer. Finalement ces démarches peuvent soulager sur le moment, mais le doute revient et commence un cercle vicieux.
Dans un trouble obsessionnel compulsif, ou TOC, des pensées répétitives et envahissantes, appelées obsessions, peuvent s’accompagner de compulsions, c’est à dire des gestes ou des rituels mentaux destinés à diminuer l’angoisse.
S’il y a souffrance et retentissement, c’est qu’il est temps de consulter : un coucher retardé par les vérifications, un travail interrompu, des moments en famille évités. Inutile d’attendre que toute la journée soit perturbée pour en parler à un médecin ou à un psychologue.
XYZApprendre à répondre autrement
On peut commencer par reconnaître la pensée sans tenter d’en résoudre le sens, mais simplement en la notant mentalement : « Tiens, une pensée désagréable vient de surgir. » Puis ramener son attention vers l’activité en cours, même si l’inconfort persiste. L’objectif est de ne pas engager systématiquement une enquête intérieure pour obtenir une certitude.
Si un TOC est identifié, une thérapie cognitive et comportementale (TCC), notamment l’exposition avec prévention de la réponse, est le traitement de référence. Avec son thérapeute, on apprend progressivement à affronter ce qui déclenche l’angoisse sans accomplir le rituel habituel. Un médicament peut aussi être proposé en complément, selon la situation.
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