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L’environnement et le cadre de vie se détériorent au centre-ville d’Oran : l’incivilité au banc des accusés

L’environnement et le cadre de vie se détériorent au centre-ville d’Oran : l’incivilité au banc des accusés

L’insouciance des uns et des autres, fruit d’une liaison illégitime entre la passivité et l’indigence des esprits, a fini, avec le temps, par faire perdre au centre-ville d’Oran de sa superbe.

L’extrême sordidité, qui caractérise désormais avec commisération son cadre environnemental, suscite un pincement au coeur chez ceux qui ont vécu autrefois son apogée. La subite multiplication de la démographie, boostée il faut le dire par l’exode rural, a eu l’effet des bouffées d’un soufflet de forge sur un tissu ardent, qui s’est piteusement répercuté sur la décadence de la zone centre de cette prestigieuse ville balnéaire.

Oran la belle, la séduisante, image fidèlement reflétée par sa zone centre, qui a été harmonieusement interprétée à travers des chansons, appréciées par l’ouïe musicale, végète fort fâcheusement aujourd’hui dans la pire des désuétudes, et ne semble plus, en toute vraisemblance, hormis les nostalgiques, émouvoir quiconque.

L’air ne fait plus hélas la chanson de nos jours. Insidieusement, sans avoir l’air d’y toucher, l’informel, sordidement stimulé par l’incivilité, est parvenu à jeter son moribond ancre au centre-ville d’Oran, réduisant ainsi en peau de chagrin ses prestigieuses artères. Bras dessus, bras dessous, l’incivilité et l’inculture n’ont finalement eu qu’à ébaucher leur répugnante touche pour dénaturer les mirifiques paysages de naguère, qui ont hissé en termes d’aura cette ville du bassin méditerranéen sur le palier de la somptuosité.

La cité éponyme de Sidi El Houari, croule malheureusement aujourd’hui sous des amas d’ordures ménagères et autres déchets, qui empestent l’air. La désolation est flagrante, de visu pour le badaud, dans le centre-ville où l’odorat devance la vue de plusieurs mètres des lieux des amoncellements de toutes sortes de détritus obstruant trottoirs et voie publique.

La couche visqueuse recouvrant le sol au même titre que les menus déchets, qui demeurent après le passage de la collecte des ordures, constituent un lieu grandement propice de reproduction d’insectes de diverses espèces et la prolifération des rats. « Les bacs à ordures sont souvent ignorés. Les déchets sont jetés juste à côté et s’amoncèlent ainsi créant ainsi de véritables dépotoirs à ciel ouvert. L’incivilité et sa fratrie auteures de ce genre d’infraction s’en tamponnent fort civilement le coquillard de la dégradation du cadre de vie » a déploré avec amertume un riverain de la rue Khemisti.

Ce piteux et putride état de fait a enlaidi les belles artères d’antan, à l’exemple de l’avenue Cheikh Larbi Tebessi (ex-Loubet), de la rue Mohamed Khemisti (ex-Alsace Lorraine) ou encore la prestigieuse voûte séculaire des Arcades, réalisées au début du 19 siècle, qui protège contre la pluie ou un soleil excessif. Cet emblématique point de repère d’Oran se transforme à la tombée de la nuit en un véritable dortoir à ciel ouvert pour les sans domicile fixe.

« Oran s’est réalisé et continue de sombrer dans la mouise. Il faudrait s’y mettre sérieusement pour tenter de sauver ce qui reste de ses branlants meubles  » a fait remarquer avec dépit un vieux riverain de la Rue Lamartine. D’autres interlocuteurs ont souligné en revanche « que la responsabilité dans la déchéance de la ville, est à partager entre l’incivisme et ceux qui ont eu à gérer le volet inhérent au cours des trois dernières décennies« . En résumé, les responsabilités sont ainsi partagées.

✍️ Rachid Boutlélis

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