
Chute inédite des prix
Une évolution qui contraste toutefois avec la situation du marché locatif, où les appartements disponibles continuent de se faire relativement rares. Selon un agent immobilier exerçant au centre-ville d’Oran, le recul des prix s’inscrit dans une dynamique amorcée depuis 2023. Après une légère hausse enregistrée en 2022, dans le sillage de la crise sanitaire liée à la Covid-19, le marché a commencé à montrer des signes d’essoufflement l’année suivante.
La tendance s’est poursuivie en 2024 avant de s’accentuer davantage en 2026. « La baisse est aujourd’hui plus perceptible. Même si certaines zones de la wilaya échappent encore à cette évolution, les prix des appartements ont globalement diminué« , constate- t-il. Pour illustrer cette situation, le professionnel évoque le cas d’un appartement situé dans le secteur urbain de Sid El Bachir (ex-Plateau), dont la valeur est passée de 20 millions de dinars, il y a environ 18 mois à environ 10 millions de dinars actuellement.
Dans plusieurs quartiers, le prix moyen du mètre carré se situe désormais sous la barre des 100.000 dinars. Cette correction concerne différentes catégories de biens immobiliers, des logements ordinaires aux résidences de standing, en passant par les villas. Le segment haut de gamme n’est pas épargné par cette tendance.
À titre d’exemple, un appartement F4 de 120 m², situé au neuvième et dernier étage d’un immeuble à El Yasmine, est actuellement affiché à 1,3 milliard de centimes, alors que des biens comparables dépassaient les 2 milliards de centimes il y a deux ans. Ce logement de standing dispose notamment d’un hall d’entrée, d’un vaste séjour donnant sur une cuisine moderne entièrement équipée et d’une vue sur mer.
Il est réalisé avec des matériaux de construction de qualité. La même évolution est observée au boulevard Millénium. Un appartement F4 neuf de 124 m², doté d’une place de stationnement et situé dans une résidence, est proposé à 1,2 milliard de centimes, contre 1,8 milliard auparavant. Un autre F4 de 120 m², entièrement meublé dans le même secteur, est mis en vente à 1,3 milliard de centimes, avec une possibilité de règlement par tranches.
« Il y a encore deux ans, ce type de logements haut de gamme se négociait facilement à plus de 2 milliards de centimes« , rappelle un professionnel du secteur. Le recul des prix concerne également les logements de standing plus modeste.
À Es Seddikia, un appartement F2 de 52 m² est proposé à 750 millions de centimes, alors que son prix atteignait environ 950 millions de centimes deux ans auparavant. À Belgaïd, un logement de même superficie, situé au sixième étage d’un immeuble équipé d’un ascenseur, est affiché à 500 millions de centimes.
Cette évolution suscite l’étonnement de plusieurs observateurs du marché immobilier local. Elle intervient après plusieurs années de forte valorisation des biens, notamment entre 2018 et 2023, période durant laquelle les prix auraient progressé de plus de 40 %. Désormais, le marché immobilier oranais semble entrer dans une nouvelle phase, caractérisée par un réajustement des valeurs immobilières et un ralentissement de la demande.
Reste à savoir si cette tendance baissière se poursuivra dans les prochains mois ou si elle annonce une stabilisation progressive des prix.
✍️ Ilyès. N


