Santé & Bien-être

Parler à une IA peut-il aggraver certains troubles psychiques ?

Psychose

Parler à une IA peut-il aggraver certains troubles psychiques ?

Une étude alerte sur l’aggravation de symptômes psychotiques chez des individus vulnérables qui utilisent des chatbots d’intelligence artificielle.

Discuter avec une IA ne serait pas toujours sans conséquence pour la santé mentale. Si les chatbots sont désormais omniprésents dans notre quotidien, leurs effets psychologiques restent encore mal connus. Mais certains travaux évoquent déjà un lien possible avec la psychose, un trouble pouvant se manifester par des hallucinations, des idées délirantes ou une difficulté à distinguer la réalité de l’imaginaire.

Des symptômes aggravés chez certains patients

C’est pour approfondir cette question que des chercheurs du Vanderbilt University Medical Center, aux États-Unis, ont analysé les dossiers médicaux de quelque 216.000 patients suivis en santé comportementale entre 2022 et 2026. Leurs résultats, publiés dans la revue JAMA Psychiatry, reposent sur l’identification de 73 dossiers mentionnant à la fois l’IA et un trouble psychotique.

Parmi ces 73 personnes, les chercheurs ont identifié 28 patients dont les dossiers indiquaient une aggravation des symptômes psychotiques associée à l’utilisation d’un chatbot. Environ 61 % d’entre eux vivaient leur premier épisode psychotique, une proportion nettement supérieure à celle observée dans les autres groupes. « La phase précoce d’un trouble psychotique pourrait rendre les personnes particulièrement vulnérables à des interactions avec l’IA susceptibles d’aggraver leurs symptômes« , écrivent les scientifiques dans un communiqué.

Une IA qui valide des idées déformées de la réalité

Pourquoi ? Les chercheurs ont distingué plusieurs raisons possibles. Dans 64 % des cas étudiés, le chatbot aurait amplifié les symptômes en validant des idées déformées de la réalité. Dans 21 % des situations, l’IA elle-même devenait l’objet de croyances délirantes. Enfin, 11 % des cas correspondaient à des situations où l’interaction semblait déclencher de nouveaux symptômes chez des personnes auparavant en bonne santé.

Attention aux conclusions hâtives, préviennent les chercheurs : l’étude est observationnelle, elle met en évidence des associations, mais ne démontre pas que les chatbots provoquent une psychose. Les auteurs soulignent néanmoins l’importance de mieux prendre en compte les usages numériques dans le suivi psychiatrique. « Une évaluation systématique de l’utilisation de l’IA lors des consultations psychiatriques semble justifiée« , recommandent-ils.

✍️ Agences

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