
Grossesse : pourquoi il est bon de traiter votre dépression avant la naissance de bébé
Entre 20 et 40 % des femmes enceintes développent une dépression pendant leur grossesse. Des études ont montré un lien entre la maladie et un risque accru de troubles émotionnels, comportementaux et de santé mentale chez l’enfant. En tentant de comprendre ce phénomène, les chercheurs des universités de Denver, d’Illinois Urbana-Champaign et de Colorado Anschutz ont découvert que le traitement de la dépression prénatale influence le développement cérébral du nourrisson.
Dépression prénatale : les bébés des mamans traitées avaient un hippocampe plus petit
Pour comprendre l’impact de la santé mentale de la future maman sur le bébé, les chercheurs ont réuni 234 femmes enceintes présentant des symptômes dépressifs importants. La moitié d’entre elles ont suivi une psychothérapie composée de huit séances hebdomadaires de 50 minutes axées sur les relations et le soutien social. Les autres recevaient les soins standards ainsi que des informations sur la dépression et la santé mentale.
Quelques semaines après l’accouchement, les bébés ont passé des IRM. L’équipe a alors remarqué que les nourrissons dont les mères avaient suivi une psychothérapie pendant leur grossesse, présentaient un hippocampe différent des bébés de l’autre groupe. Le volume de cette région cérébrale impliquée dans la mémoire et les émotions était 5 % plus petite.
Six mois plus tard, les tout-petits ont passé des tests qui permettaient d’examiner leurs réactions émotionnelles. Résultat : les bébés avec un volume d’hippocampe plus petit à la naissance avaient tendance à réagir moins négativement que ceux avec un plus grand volume.
« Il peut sembler contre-intuitif qu’un volume cérébral plus petit soit associé à une régulation émotionnelle plus forte, en particulier parce que chez les adultes, un volume cérébral plus petit est souvent associé à des effets négatifs. Cependant, dans la petite enfance, le cerveau se développe, et une croissance plus rapide n’est pas toujours avantageuse. Par exemple, une hypothèse propose que le stress puisse accélérer le développement précoce du cerveau« , précisent les auteurs dans un article paru dans The Conversation.
Il faut prendre en charge la santé mentale pendant la grossesse
Cette nouvelle étude, parue dans la revue scientifique Nature Communications, suggère que le traitement de la dépression maternelle pendant la grossesse pourrait contribuer au bon développement du bébé.
Pour les auteurs, il faudrait intégrer un volet santé mentale dans les soins prénatals. « Ces résultats démontrent de façon convaincante que la prise en charge de la santé mentale pendant la grossesse peut avoir des effets bénéfiques sur plusieurs générations« , explique le Pr Benjamin Hankin, de l’université de l’Illinois à Urbana-Champaign dans un communiqué. « Soutenir la santé mentale maternelle représente peut-être l’une des premières occasions de favoriser le développement sain de l’enfant.«
✍️ Agences


