Santé & Bien-être

Après une opération, le cerveau peut dérailler : comment limiter ce risque ?

Une nouvelle étude suggère qu’une habitude adoptée avant l’intervention chirurgicale pourrait contribuer à réduire le risque de delirium postopératoire.

Rester actif avant d’entrer au bloc opératoire ne sert pas seulement à favoriser une récupération plus rapide du corps, cela pourrait aussi contribuer à protéger le cerveau contre le delirium postopératoire, un état de confusion aiguë affectant 20 % des patients opérés, notamment les personnes âgées. C’est ce que révèle une recherche, présentée lors du congrès annuel Anesthesiology 2026.

Rester actif avant la chirurgie pour réduire de 50 % le risque de delirium postopératoire

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs de l’université de Floride du Sud (États-Unis) ont recruté 258 personnes ayant subi une ablation d’une tumeur cancéreuse entre 2024 et 2025. Parmi eux, 64 ont développé un delirium postopératoire, qui peut altérer l’attention, la mémoire et les capacités cognitives et est associé à des séjours hospitaliers plus longs, à un rétablissement ralenti et à un risque accru de décès. L’équipe s’est intéressée à la fréquence des activités physiques hebdomadaires, plutôt que le nombre de jours consacrés à une activité, des volontaires. Les participants ont eux-mêmes renseigné la fréquence de leurs séances de marche et d’activité physique d’intensité modérée à soutenue, pratiquées pendant au moins 10 minutes, ainsi que le nombre d’heures passées assis lors d’une journée habituelle. Les auteurs ont aussi examiné les comptes-rendus opératoires et identifié les patients ayant présenté un délire postopératoire à l’aide du « Confusion Assessment Method » (CAM), un outil de dépistage couramment utilisé pour détecter cet état.

Selon les données, les adultes ayant développé un délire postopératoire ont déclaré, en moyenne, une pratique moins fréquente de la marche et des activités physiques (qu’elles soient d’intensité modérée, soutenue ou globale). Ces derniers ont aussi confié passer un temps plus important en position assise. Les patients ayant rapporté une fréquence d’activité, combinant la marche et des exercices physiques d’intensité modérée ou soutenue, d’au moins sept fois par semaine étaient 50 fois moins susceptibles de présenter un delirium postopératoire par rapport aux volontaires moins actifs.

Delirium postopératoire : participer à un programme de « préhabilitation« 

Dans les conclusions, les scientifiques soulignent que ces travaux renforcent les preuves, de plus en plus nombreuses, selon lesquelles le fait d’aider les adultes à se préparer à une intervention chirurgicale, par l’exercice physique, une alimentation adaptée et d’autres stratégies, peut améliorer le rétablissement et les résultats cliniques. « Les patients devraient interroger leur équipe médicale sur les moyens de rester actifs en toute sécurité, et se renseigner sur l’intérêt éventuel d’un programme de ‘préhabilitation’ pour mettre toutes les chances de son côté avant une opération et favoriser un rétablissement plus rapide.« 

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