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Midterms 2026 : tout comprendre aux enjeux des élections de mi-mandat du 3 novembre

J-14. Dans deux semaines, les Américains sont appelés aux urnes dans le cadre des élections de mi-mandat lors desquelles sont renouvelés la totalité de la Chambre des Représentants et un tiers du Sénat. Un scrutin crucial pour Donald Trump, alors qu’une « vague bleue » démocrate est déjà anticipée au vu de l’impopularité grandissante du président. Le HuffPost vous détaille ci-dessous les enjeux de ces midterms du mardi 3 novembre.

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• À la Chambre des représentants, les démocrates en embuscade

Le Congrès américain est composé du Sénat et de la Chambre des Représentants. Cette dernière, composée de 435 membres, est l’équivalent de l’Assemblée nationale et sera renouvelée, comme tous les deux ans, en totalité. Actuellement, les républicains ont la majorité avec 219 sièges contre 214 pour les démocrates. Deux sièges sont vacants, précédemment occupés respectivement par un démocrate et un républicain. Le parti présidentiel détient donc la majorité à un fil, puisqu’il faut 218 sièges pour avoir le contrôle de la Chambre. Les démocrates ont besoin d’un gain net de trois sièges pour reprendre la majorité.

Afin de conserver la main, les républicains ont mené une longue bataille ces derniers mois pour redessiner les contours des circonscriptions. Cela va-t-il suffire ? La popularité toujours plus déclinante de Donald Trump laisse la place au doute. D’après les derniers calculs du Washington Post ce lundi 19 octobre, 202 sièges sont « solidement » ou « très probablement » démocrates. 187 sont « solidement » ou « très probablement » républicains. Il reste donc 46 sièges réellement en jeu : 12 penchent plutôt côté démocrates, 13 côté républicain. Dans les 21 derniers, la course est tellement serrée qu’il est impossible d’anticiper la couleur du vainqueur.

Infographie AFP

Le statisticien de référence Nate Silver estime que les démocrates ont 94 % de chance de remporter la Chambre, selon ses chiffres du 7 octobre dernier. Le site Decision Desk HQ leur donne 75 % de chance. Mais les spécialistes des enquêtes d’opinions, tout comme certains élus frileux, restent prudents. D’abord parce que les chiffres de nombreux sondages restent dans la marge d’erreur. Ensuite, parce que de précédents sondages se sont lourdement trompés, à l’image de la présidentielle de 2016 où la victoire de Trump n’avait pas été anticipée, ou les midterms de 2022 où une « vague rouge » républicaine avait été annoncée sans qu’elle n’advienne.

Jérôme Viala-Gaudefroy, docteur en civilisation américaine, résume la situation en termes de chiffres auprès du HuffPost. « Pour parler de défaite limitée pour les républicains, il faudrait que les démocrates aient une petite majorité de 220 sièges. Le Cook Politcal Report [publication indépendante qui analyse les élections, NDLR] estime que la fourchette se situera entre 224 et 234 sièges pour les démocrates, ça commence déjà à être une bonne majorité », détaille l’auteur des Mots de Trump. « Il faudrait que les démocrates aient une majorité à 240 sièges pour parler de lourde défaite », juge Jérôme Viala-Gaudefroy.

• Une rude bataille pour le Sénat

Au Sénat, la dynamique est différente. La chambre haute est composée de 100 sièges – deux par État – renouvelables par tiers tous les deux ans. Actuellement, les républicains ont la majorité avec 53 élus contre 47 démocrates. Ce 3 novembre, 35 sièges sont remis en jeu. Parmi eux, selon les calculs du New York Times, 9 sont démocrates, 13 sont républicains. Les 13 derniers sont les plus incertains : 4 penchent plutôt côté démocrate, 2 plutôt côté républicain, et 7 se jouent à un fil. Cela signifie que malgré leur majorité relativement confortable, les républicains risquent aussi de perdre le Sénat.

Selon Nate Silver, les démocrates ont 75 % de chance de récupérer le Sénat, tandis que Decision Desk HQ leur donne 55 % de chance. La tâche reste toutefois difficile pour les démocrates. « Le Sénat est structurellement plus favorable aux républicains. Il faut que les démocrates aient un gain de 4 sièges net et obtenir 51 sièges. Car s’il y a 50 sièges démocrates et 50 républicains, c’est le vice-président qui tranche », explique Jérôme Viala-Gaudefroy.

Trois élections stratégiques sont particulièrement scrutées : le duel entre l’ex-séminariste démocrate James Talarico et le sulfureux MAGA Ken Paxton au Texas, État très conservateur qui n’a pas élu de sénateur démocrate depuis 1988 ; la bataille entre la républicaine sortante Susan Collins et son rival progressiste Troy Jackson dans le Maine ; et la course entre le représentant de l’aile gauche du parti démocrate Abdul El-Sayed et le républicain Mike Rogers dans le Michigan.

• De nombreuses conséquences pour la fin du mandat de Trump

Donald Trump a conscience que les midterms sont traditionnellement défavorables au parti en place. « Pour une raison ou une autre, le président en exercice, aussi bon qu’il semble être – personne n’a fait ce que j’ai fait, personne, loin de là – a un énorme désavantage », a-t-il reconnu mi-octobre. « Mais je mène campagne et je fais des meetings » et « le niveau d’enthousiasme pour le parti républicain est en forte hausse », a-t-il encore affirmé.

Cette rhétorique, et le passif du président, n’augurent donc rien de bon. « Donald Trump pourra dire que la défaite des républicains s’explique par l’absence de son nom sur les bulletins de vote, mais il peut aussi y avoir des contestations des résultats », prévient Jérôme Viala-Gaudefroy. Un constat partagé par Jeff Hawkings, chercheur associé à l’institut de relations internationales et stratégiques (Iris), qui ajoute : « Les recours judiciaires infondés que les républicains pourraient engager contre les résultats électoraux n’auraient guère plus de chances d’aboutir que ceux de 2020, lorsque Trump avait déjà cherché à « stop the steal » après avoir perdu l’élection présidentielle. Mais le mal, lui, serait déjà fait. »

D’un point de vue politique, Jérôme Viala-Gaudefroy rappelle que le nouveau Congrès ne siégera qu’à partir du 3 janvier. Pendant les trois mois de transition, les républicains pourront faire passer de nouveaux textes en accéléré, ou nommer de nouveaux juges notamment à la Cour suprême. Car ensuite, tout sera plus difficile. « Trump ne sera plus capable de faire passer ses textes, même s’il gouverne surtout par décret. Cela va poser problème, surtout pour le budget », souligne le spécialiste des États-Unis.

Autre risque : l’ouverture d’enquêtes parlementaires, voire d’une procédure « d’impeachment » pour renverser le président. Outre que cette dernière a très peu de chance d’aboutir (il faut la majorité des deux tiers du Sénat pour l’adopter), Jérôme Viala-Gaudefroy estime que ce n’est pas dans l’intérêt des démocrates à deux ans de la fin du mandat présidentiel, d’autant que « ça donnerait l’occasion à Trump de se poser en victime ».

• Des élections locales à surveiller

Les élections de mi-mandat ne se limitent pas au Congrès. 36 élections de gouverneurs sont aussi organisées, avec des enjeux qui ne sont pas anodins. « Selon la personne qui est élue à la tête de l’État, la donne est complètement différente sur la question du redécoupage électoral ou la manière dont seront organisées les élections de 2028 par exemple », pointe Jérôme Viala-Gaudefroy.

Outre les gouverneurs, les électeurs sont parfois amenés à voter pour les élus de leur Congrès local ou pour leur shérif. Des propositions politiques type référendum sont également sur les bulletins : les électeurs du Missouri pourront par exemple choisir s’il faut restreindre drastiquement l’avortement, tandis que les Californiens sont appelés à se positionner sur la « proposition 40 » qui prévoit une taxe minimale pour les milliardaires.

✍️ HuffPost

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