
Tucker Carlson affirme que Trump pourrait lancer une frappe nucléaire contre l’Iran dans les prochains jours
Le président américain Donald Trump pourrait ordonner une frappe nucléaire contre l’Iran dans les prochains jours, a affirmé dimanche soir le commentateur politique américain Tucker Carlson, selon lequel le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu exerce des pressions sur Washington pour obtenir une attaque contre un site nucléaire présumé situé dans le centre de l’Iran.
Dans une longue publication sur le réseau social américain X, Carlson a désigné comme cible potentielle le site de Pickaxe Mountain, où les services de renseignement israéliens soupçonneraient Téhéran d’avoir repris ses activités d’enrichissement d’uranium.
Ancien présentateur de Fox News, Tucker Carlson est un commentateur politique conservateur qui a animé l’émission « Tucker Carlson Tonight » de 2016 à 2023. Il présente désormais sa propre émission sur X, dans laquelle il intervient régulièrement sur les questions de politique étrangère américaine et les affaires internationales.
Selon Carlson, les armes conventionnelles américaines ne seraient pas capables de pénétrer les quelque 90 mètres de granit massif protégeant les tunnels souterrains du site, ce qui ferait d’une frappe nucléaire la seule option militaire envisageable.
« Bibi (Netanyahu) appelle Trump tous les jours à ce sujet », a-t-il rapporté, citant une source anonyme présentée comme bien informée.
Carlson estime que la volonté de Netanyahu de poursuivre les opérations militaires est notamment liée à sa survie politique. Il affirme que le Premier ministre israélien aurait besoin d’une intervention de Trump pour obtenir une majorité de 61 sièges à la Knesset à l’issue des dernières élections, faute de quoi il risquerait de perdre le pouvoir et de faire face à des enquêtes, voire à une peine de prison.
Il a également soutenu que Netanyahu faisait pression sur plusieurs hauts responsables américains, notamment le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et le commandant du Commandement central américain (CENTCOM), l’amiral Brad Cooper, afin de relancer des opérations militaires d’envergure.
Selon Carlson, le secrétaire d’État Marco Rubio et le directeur de la CIA John Ratcliffe suivraient également la ligne défendue par Netanyahu.
Il a par ailleurs affirmé que l’ancien président américain Barack Obama s’était opposé à l’accord de paix avec l’Iran en cours d’élaboration à Doha.
Craintes d’une escalade régionale
Carlson a indiqué que les alliés des États-Unis au Moyen-Orient manifestaient une inquiétude croissante face au risque d’une reprise des hostilités.
Il a notamment affirmé que Netanyahu s’était secrètement rendu à Abou Dabi le 27 septembre afin de convaincre les Émirats arabes unis de soutenir une ultime attaque contre l’Iran, mais que les responsables émiratis avaient rejeté cette proposition.
Évoquant les conséquences économiques du conflit, Carlson a souligné que huit mois d’affrontements avaient lourdement affecté les économies des pays du Golfe, ainsi que les marchés mondiaux de l’énergie et des engrais.
Il a affirmé que 11 des quelque 850 superpétroliers recensés dans le monde avaient été gravement endommagés dans le détroit d’Ormuz au cours du seul mois d’octobre.
Le commentateur américain a également mis en garde contre les conséquences environnementales d’une éventuelle explosion nucléaire à Pickaxe Mountain, estimant qu’elle pourrait provoquer une contamination du Golfe et menacer l’approvisionnement en eau d’environ 100 millions de personnes.
Selon lui, une frappe nucléaire américaine créerait un précédent particulièrement dangereux, susceptible d’encourager la Russie à employer l’arme nucléaire contre l’Ukraine, de raviver les tensions nucléaires entre l’Inde et le Pakistan et d’inciter la Corée du Nord à attaquer Séoul.
« Après la première frappe nucléaire, la Troisième Guerre mondiale sera inévitable. Cette guerre sera courte et définitive », a-t-il écrit.
Carlson a en outre affirmé que l’administration Trump avait discrètement modifié la doctrine nucléaire américaine depuis février afin de faciliter et de rendre plus probable le recours en premier à des armes nucléaires dites « tactiques ».
JD Vance et Steve Witkoff favorables à une solution diplomatique
Selon Carlson, Donald Trump pourrait prendre une décision d’ici au 7 novembre concernant une éventuelle autorisation d’emploi de l’arme nucléaire contre l’Iran.
Il a toutefois indiqué que le vice-président américain JD Vance et l’émissaire spécial Steve Witkoff tentaient de convaincre le président de privilégier la conclusion d’un accord diplomatique avec Téhéran.
Tout en reconnaissant les difficultés entourant les négociations, Carlson a affirmé que des personnes ayant échangé avec des responsables iraniens faisaient état d’un consensus selon lequel une nouvelle confrontation ne profiterait à aucune des parties et qu’un accord méritait d’être recherché.
Il a conclu en avertissant que les conséquences d’une frappe nucléaire dépasseraient largement les frontières iraniennes, déplorant que l’opinion publique internationale soit tenue à l’écart de décisions susceptibles de mettre en danger des millions de vies.
« C’est maintenant qu’ils devraient faire entendre leur voix », a-t-il écrit.
Les États-Unis pourraient frapper les derniers sites nucléaires iraniens « en dix minutes »
Les déclarations de Carlson interviennent après des propos tenus samedi par Donald Trump devant des journalistes dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride.
Le président américain a affirmé qu’un ou deux sites nucléaires iraniens demeuraient des cibles potentielles et que les États-Unis seraient capables de les frapper « en dix minutes ».
Trump a notamment évoqué Pickaxe Mountain, indiquant disposer de plans militaires concernant ce site, sans toutefois préciser qu’une frappe nucléaire avait été autorisée.
« Vous pourriez probablement envisager Pickaxe Mountain. Il faut s’en occuper. Nous pouvons le faire très rapidement », a-t-il déclaré.
Lors d’un entretien accordé le 16 octobre à la chaîne Newsmax, le président américain avait néanmoins explicitement exclu le recours à l’arme nucléaire contre l’Iran.
Par ailleurs, le média américain Axios a rapporté que Trump et Netanyahu avaient eu samedi un échange téléphonique tendu, citant des sources israéliennes et américaines.
Selon ces sources, le Premier ministre israélien souhaiterait une reprise des opérations militaires immédiatement après les élections américaines de mi-mandat prévues mardi, tandis que Donald Trump préférerait laisser se poursuivre les négociations diplomatiques.
Un responsable de la Maison Blanche a indiqué que l’administration américaine ne commentait pas les plans militaires sensibles, tout en soulignant que Trump maintenait toutes les options sur la table afin d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a également affirmé qu’aucune décision définitive n’avait été prise concernant une éventuelle reprise des frappes.
De son côté, l’Iran dément toute activité nucléaire au complexe de Pickaxe Mountain. Le guide suprême iranien a mis en garde Washington et Tel-Aviv contre toute nouvelle attaque.
✍️ Agences


