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RDC : plus de 400 victimes de violences sexuelles liées au conflit recensées au premier semestre 2026 (ONU)

RDC : plus de 400 victimes de violences sexuelles liées au conflit recensées au premier semestre 2026 (ONU)

Selon le BCNUDH, 267 incidents de violences sexuelles ont fait 401 victimes, principalement des femmes et des enfants, entre janvier et juin 2026. Parmi elles, 151 ont subi des viols collectifs, rapporte jeudi RFI.

Au moins 401 personnes ont été victimes de violences sexuelles liées aux conflits armés en République démocratique du Congo (RDC) au cours du premier semestre 2026, selon les données du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH), alors que la persistance de l’insécurité dans l’est du pays continue d’exposer les populations civiles à de graves violations de leurs droits.

Dans son bilan couvrant la période de janvier à juin 2026, le BCNUDH indique avoir documenté 267 incidents de violences sexuelles liées aux conflits, touchant principalement des femmes et des enfants. Parmi les victimes recensées figurent 151 personnes ayant subi des viols collectifs, selon des éléments des rapports onusiens rapportés jeudi par Radio France Internationale (RFI).

Les violences ont notamment été commises lors d’incursions dans des villages, d’enlèvements et de menaces à main armée. Certaines victimes ont été agressées à leur domicile ou alors qu’elles se rendaient dans leurs champs, illustrant l’exposition des civils jusque dans leurs activités quotidiennes.

Selon les Nations unies, les groupes armés sont responsables de la majorité des violences sexuelles documentées. Le mouvement rebelle AFC/M23 figure parmi les principaux auteurs présumés, tandis que des éléments des Forces armées de la RDC (FARDC) sont également mis en cause.

Une forte augmentation des violences en août

La situation s’est encore détériorée au cours des mois suivants.

Selon le rapport mensuel du BCNUDH publié mercredi 4 novembre, au moins 230 personnes, dont 166 femmes et 64 filles, ont été victimes de violences sexuelles liées au conflit au mois d’août 2026, à travers 65 incidents documentés.

Ce bilan représente une augmentation de 202 % par rapport au mois de juillet, durant lequel 76 victimes, dont 34 filles, avaient été recensées.

En juillet, le Nord-Kivu concentrait à lui seul 75 % des victimes documentées, suivi de l’Ituri et du Sud-Kivu, deux autres provinces particulièrement affectées par les violences armées.

Le rapport d’août fait également état de 491 violations et atteintes aux droits humains à l’échelle nationale, ayant touché au moins 1 264 personnes, soit une augmentation d’environ 6 % par rapport au mois précédent.

Des difficultés d’accès aux soins et à la justice

Les Nations unies avertissent toutefois que les chiffres documentés ne reflètent pas nécessairement l’ampleur réelle des violences.

L’insécurité, les déplacements forcés de populations et les difficultés d’accès à certaines zones sous contrôle de groupes armés compliquent le recueil des témoignages et la vérification des faits.

Les victimes rencontrent également d’importants obstacles pour bénéficier d’une prise en charge médicale, d’un accompagnement psychologique et d’une assistance judiciaire.

Selon RFI, l’organisation Médecins sans frontières (MSF) a notamment signalé des pressions exercées sur le personnel soignant et des exigences susceptibles de compromettre la confidentialité des informations concernant les patientes.

La situation demeure particulièrement préoccupante pour les hommes et les garçons victimes de violences sexuelles, dont les cas restent largement sous-documentés.

Plus de 6 millions de déplacés internes

Les violences sexuelles s’inscrivent dans une crise sécuritaire et humanitaire persistante dans l’est de la RDC, où les affrontements opposent notamment les forces gouvernementales à plusieurs groupes armés, dont l’AFC/M23.

Selon les données du BCNUDH, le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays est passé de 5,8 millions à la fin de juillet à environ 6,1 millions à la fin d’août 2026.

Dans son bilan du premier semestre, le Bureau onusien avait également recensé 2 996 violations et atteintes aux droits humains, ayant fait 6 189 victimes sur l’ensemble du territoire congolais.

Malgré une diminution de 10 % du nombre de violations documentées par rapport au semestre précédent, les Nations unies ont souligné que cette évolution ne pouvait être interprétée comme une amélioration de la situation, les restrictions d’accès aux zones de conflit pouvant entraîner une sous-déclaration des abus.

Les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri demeurent les principales zones touchées par l’insécurité, tandis que les efforts diplomatiques engagés pour mettre fin aux hostilités n’ont pas encore permis de garantir une protection durable des populations civiles.

✍️ Anadolu Ajansı

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