
La hausse du coût de la dette sur fond de graves difficultés financières
Le taux d’intérêt exigé par les marchés pour prêter à l’Etat français à échéance dix ans a dépassé la barre de 5%, reflétant les inquiétudes croissantes des investisseurs quant à la capacité des autorités françaises à redresser les finances publiques.
Selon des experts, il y a une défiance assez nette des investisseurs envers la France, expliquant que la hausse de cet indicateur obligera le pays à payer plus cher pour se financer.
Cette pression sur le financement intervient dans un contexte marqué par une fronde sociale d’une grande ampleur nationale en raison de la dégradation du pouvoir d’achat et des services publics, ainsi que par des violences et des pillages enregistrés ces derniers jours, accentuant les incertitudes politiques et budgétaires à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.
En l’absence de visibilité politique et budgétaire, des experts estiment qu’il n’y a pas de raisons apparentes pour que la flambée de taux se calme. Ils considèrent également qu’il existe peu de chances de réaliser un assainissement budgétaire avant l’élection présidentielle de mai 2027.
Pour tenter de redresser les comptes publics, le gouvernement français prévoit, dans son projet de budget pour 2027, quelque 43 milliards d’euros de coupes supplémentaires, avec pour objectif de ramener le déficit public à 5% du produit intérieur brut (PIB).
Toutefois, l’adoption de ce texte s’annonce difficile en raison de fortes divisions au sein du Parlement.
Par ailleurs, l’agence de notation Moody’s doit réexaminer vendredi la note souveraine de la France, actuellement classée « Aa3 » avec une perspective négative.
Une éventuelle dégradation de cette note pourrait renchérir davantage le coût du financement de la dette française, selon des spécialistes du marché.
✍️ APS


