
Chaque matin, à la gare centrale d’Oran, les guichets affichent complet, laissant les familles sans solution. Hier encore, dès 7 heures, tous les billets pour la capitale étaient épuisés, forçant de nombreux usagers à rebrousser chemin et à se rabattre sur des taxis coûteux ou d’autres moyens de fortune. L’absence de trains en milieu de matinée aggrave la situation, et les voyageurs s’interrogent : pourquoi la SNTF n’ajoute-t-elle pas de rames supplémentaires en pleine saison estivale, alors que la demande ne cesse de croître ? Cette pénurie de places n’est pourtant pas nouvelle. Cela fait au moins deux ans que la Société nationale des transports ferroviaires peine à répondre aux besoins, et l’été ne fait qu’exacerber un déséquilibre chronique entre l’offre et la demande. Malgré l’acquisition, il y a huit ans, de 17 trains Coradia du constructeur Alstom (des modèles modernes, bimodes et adaptés au climat algérien), le parc roulant reste insuffisant pour absorber l’afflux saisonnier. Ces trains confortables, qui circulent sur les grandes liaisons comme Alger-Oran ou Alger- Annaba, ne suffisent pas à couvrir les horaires ni les capacités nécessaires. Les usagers déplorent une insuffisance de l’offre de la part du transporteur public, qui dispose pourtant d’une large gamme de matériels (locomotives, autorails, automotrices). Face à cette situation récurrente, les citoyens réclament des mesures concrètes et immédiates : augmentation du nombre de rames en été et révision des horaires. La SNTF, qui affiche complet bien avant les départs, pousse les usagers vers d’autres modes de transport, plus polluants et plus onéreux. Alors que le train reste un moyen écologique et économique privilégié pour relier les grandes villes algériennes, cet engorgement estival révèle une insuffisance en nombre de trains en circulation face à une demande en pleine expansion. En attendant des solutions durables, les voyageurs continueront de scruter les guichets, espérant que des wagons supplémentaires viendront alléger leur été.
✍️ Ilyès N.


