Culture

Tissemsilt commémore le 65e anniversaire de la mort au champ d’honneur du héros Djilali Bounâama

La wilaya de Tissemsilt a commémoré, jeudi, le 65e anniversaire de la mort au champ d’honneur du héros, le colonel Djilali Bounâama, dit «Si Mohamed», commandant de la Wilaya IV historique, à travers un riche programme organisé dans sa commune natale, Bordj Bounâama.

La cérémonie, présidée par le wali de Tissemsilt, Bouzaïd Fethi, en présence des autorités civiles et militaires, ainsi que des membres de la famille révolutionnaire, a débuté par une visite au cimetière des martyrs. A cette occasion, le drapeau national a été hissé, l’hymne national entonné et une gerbe de fleurs déposée au pied du monument commémoratif, avec la récitation de la Fatiha à la mémoire des glorieux martyrs.
A cette occasion également, une nouvelle annexe administrative a été inaugurée dans la même commune. Une exposition de photographies consacrée aux hauts faits de la guerre de libération dans la région de l’Ouarsenis, dans la wilaya IV historique, ainsi qu’au parcours militant du martyr, a été organisée à la Maison de la culture portant son nom, sous l’égide de la direction des moudjahidine et des ayants droit.
Dans le cadre du programme commémoratif, Dr Lakhdar Saïdani, enseignant en histoire à l’Université «Ahmed Benyahia El-Ouancharissi» de Tissemsilt, a animé une conférence retraçant le parcours de lutte du martyr Djilali Bounâama (1926-1961) pour la libération de la patrie du colonialisme français. Il a rappelé que le colonel Djilali Bounâama figure parmi les plus éminents chefs de la quatrième Wilaya historique, soulignant que son nom est étroitement lié à l’histoire de la région de l’Ouarsenis, transformée, grâce à son génie militaire et organisationnel, en un bastion de la glorieuse guerre de libération.
Le Dr Saïdani a expliqué que le martyr avait travaillé dans une mine à Boucaïd, où sa conscience politique s’est forgée au contact des travailleurs algériens dans conditions de vie difficiles. Il s’est alors engagé dans l’action syndicale avant de rejoindre l’activité politique, puis de devenir membre de l’Organisation spéciale (OS), qui a préparé la lutte armée contre le colonialisme français.
Il a également indiqué que Djilali Bounâama a rejoint la guerre de libération à la fin de l’année 1955. Le valeureux chahid a joué un rôle déterminant dans l’encouragement des jeunes à intégrer les rangs de la Révolution, ce qui lui avait permis de constituer les premières unités combattantes de l’Armée de libération nationale dans la région de l’Ouarsenis.
En sa qualité de commandant de la Wilaya IV historique, il dirigea plusieurs opérations militaires d’envergure qui infligèrent de lourdes pertes à l’armée française, notamment l’anéantissement d’une unité blindée dans la région, la capture du commandant d’un bataillon de cavalerie au nord-est de Theniet El-Had, ainsi que l’opération «Lamartine», qui aboutit à la capture de trente militaires français.
Le conférencier a enfin rappelé que le colonel Djilali Bounâama est tombé en martyr dans la nuit du 8 août 1961 à Blida, lors d’un affrontement héroïque avec les forces coloniales. Il a laissé derrière lui un parcours de lutte qui a fait de lui l’une des grandes figures de la guerre de libération, un chef alliant vision politique et compétence militaire. Son nom demeure gravé dans la mémoire des Algériens comme l’un des artisans de l’indépendance et un symbole du sacrifice et du dévouement.

APS

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