
L’entreprise retenue pour le chantier dispose d’un délai de deux mois et demi pour livrer les travaux. Le 9 juin 2022, à 1h03 du matin, la terre a tremblé dans toute la région d’Arzew. Une secousse de magnitude 5,1 balaie cette zone côtière. Pas de victimes, mais un parc immobilier mis à rude épreuve. Les 344 logements LPA d’El Mohgoun en sortent fissurés en façade, avec des désordres structurels et des fondations fragilisées. Quatre ans plus tard, ces murs portent encore les cicatrices de cette nuit-là. Leur remise en état, au-delà de l’urgence technique, est devenue un impératif social. Dès les premières répliques, les pouvoirs publics ont joué la carte du relogement express. Des dizaines de familles ont quitté leurs murs fissurés pour des appartements flambant neufs, notamment dans de nouvelles résidences à Arzew même, ou dans le parc locatif public de Sidi Benyebka. Une course contre la montre menée en parallèle d’un plan de rénovation plus large. Récemment, ce sont près de 390 foyers qui ont pris possession des logements de la cité Chahid Khalifa Ben Mahmoud, preuve que la machine administrative n’a jamais complètement stoppé. Mais certains bâtiments, eux, ne seront jamais réparés. À Arzew, la municipalité a tranché : les immeubles jugés trop dangereux, comme ceux du quartier Chahid Mostefa Benboulaïd, partent en poussière. Une campagne de démolition, engagée ces dernières semaines, qui prolonge la logique de reconstruction entamée depuis 2022. Effacer pour mieux reconstruire, parfois, passe par la démolition.
✍️ Ilyès. N


