Monde

Niger : les fausses offres d’emploi en ligne piègent de nombreuses jeunes femmes

Alors que le chômage touche plus les femmes que les hommes, 25 % contre 12 %, les réseaux sociaux sont devenus le premier lieu de recherche d’emploi, mais aussi le terrain de chasse des arnaqueurs. Et ce sont les jeunes femmes, diplômées ou non, qui sont les plus touchées. Derrière le logo d’une entreprise ou un message vocal, se cache souvent une arnaque qui coûte cher.

T

out commence par une annonce pour un travail à domicile, de vendeuse ou de modèle. Un salaire élevé et souvent pas de diplôme requis. Puis on demande de payer les frais de dossier, de formation, ou pour l’achat d’une tenue. Mais une fois l’argent envoyé, plus personne ne répond.

Des annonces alléchantes

« Je venais d’avoir mon diplôme et je cherchais du travail. Un jour, je reçois un message WhatsApp avec le logo d’une ONG que je connais. Le message disait qu’il recrutait des jeunes pour un projet de sensibilisation avec un salaire de 180 000 pour un contrat de six mois. Ils m’ont fait passer un entretien par appel vocal et trois jours après, on m’a dit : Félicitations, vous êtes retenue, mais pour la carte d’employé et la tenue, il faut payer 30 000 francs. Ils m’ont envoyé un numéro pour le transfert. J’ai envoyé l’argent et le jour où je devais commencer, plus personne de répondait, le numéro était éteint. Je suis allé demander au niveau de l’ONG, ils m’ont dit qu’ils ne recrutaient pas, que c’était une fausse offre d’emploi« , témoigne Chamssia Kimba, victime de ce type d’arnaque.

Rahamatoulaye Abdoulaye a été aussi victime : « Je consillerais aux femmes d’être beaucoup plus vigilantes. Il y a certes des entreprises qui donnent des offres d’emploi en ligne, mais les fausses sont beaucoup plus nombreuses. Il faut se renseigner sur la fiabilité de l’entreprise. Il ne faut pas se jeter sur la première offre parce qu’on manque d’emploi. J’ai vu une offre sur un statut WhatsApp pour vendre des habits en lignes. Elle offrait un bon salaire et une commission et il fallait travailler depuis son téléphone. Une femme m’a dit qu’il fallait acheter un kit de démarrage de 25 000 francs CFA, pour avoir les produits et les photos. Elle insistait et moi ça m’a paru bizarre, alors j’ai alors bloqué son numéro et prévenu mes amies du groupe.« 

Un phénomène alimenté par le chômage

Avec un taux de chômage deux fois plus élevé chez les femmes, la précarité reste le premier facteur de vulnérabilité face à ces fausses promesses. Hadiza Hama est présidente des femmes de la Confédération syndicale indépendante du Niger, la CSI-NIGER

« Elles ont des diplômes, elles ne font rien, alors, pour s’occuper, elles postulent en ligne et malheureusement, elles se font arnaquer. L’Etat doit agir en faisant de l’accessibilité de l’emploi une des priorités. Il faut accompagner ces jeunes pour qu’ils créent leur propre entreprise et mieux contrôler les réseaux sociaux pour sécuriser les jeunes.« 

L’employabilité des jeunes ne se mesure pas seulement en diplômes. Elle se joue aussi sur l’accès à l’information. Tant que les offres d’emploi resteront rares, les réseaux sociaux seront un espace convoité par les arnaqueurs.

✍️ DW

PUBLICITÉ

MARIGOLD – Mari Color

HALILO

Cooking Cream – Obéï

Margarine « DIMA »

GRACIAS Coloration

Bouton retour en haut de la page