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Le périmètre irrigué de Mléta : le pari sur la souveraineté alimentaire

Dans la plaine de Mléta, à une trentaine de kilomètres d’Oran, le paysage a changé. Là où s’étendaient naguère des terres brûlées par le soleil, souvent laissées en jachère faute d’eau, s’étirent des alignements d’arbres fruitiers et des ondées de céréales qui promettent des récoltes abondantes. Une réunion d’évaluation s’est tenue, avant-hier, à la Direction des ressources en eau (DRE) de la wilaya d’Oran afin de dresser le bilan du processus d’irrigation du périmètre de Mléta.

Cette rencontre a réuni le directeur de wilaya des ressources en eau, le directeur régional de l’Office national de l’irrigation et du drainage (ONID), le directeur de l’Agence du bassin hydrographique du Chott oriental (ABH), le directeur régional de l’Agence nationale des ressources en eau (ANRH), ainsi que des représentants de la Direction des services agricoles (DSA) et des services techniques de la DRE.

Les résultats de la campagne d’irrigation 2025-2026 ont été analysés, et les obstacles ainsi que les lacunes ont été examinés afin d’y remédier et d’apporter des améliorations pour la prochaine campagne. Cette plaine de 8.100 hectares, traversée par des canalisations et ponctuée de réservoirs et de stations de pompage, est devenue le laboratoire grandeur nature d’une ambition nationale : faire de l’agriculture locale un rempart contre la dépendance alimentaire.

Face à un stress hydrique qui s’aggrave d’année en année, la wilaya d’Oran a choisi de transformer une contrainte en opportunité en utilisant les eaux usées épurées de la station d’épuration d’El Kerma pour irriguer ce vaste périmètre. Un pari risqué, mais dont les premiers résultats ont été passés au crible lors de la réunion d’évaluation à la Direction des ressources en eau.

L’ambition affichée par le projet est à la hauteur de l’investissement consenti. Chaque année, ce sont 31 millions de mètres cubes d’eau qui sont prélevés à la sortie de la station d’épuration d’El Kerma, avant d’être acheminés vers Mléta. Le circuit est méticuleusement organisé : après un premier traitement à la STEP, les eaux usées sont dirigées vers des bassins de lagunage, où elles subissent une décantation naturelle. Elles sont ensuite pompées vers des réservoirs de stockage, puis distribuées sous pression dans un réseau de canalisations qui irrigue l’ensemble du périmètre.

Ce système, supervisé par l’ONID, a permis de passer d’une agriculture pluviale aléatoire à une agriculture irriguée maîtrisée. Au-delà des chiffres et des infrastructures, le projet de Mléta incarne une orientation stratégique ambitieuse: Oran ne peut plus compter uniquement sur ses pluies capricieuses pour nourrir sa population. La réutilisation des eaux usées épurées, longtemps perçue comme une solution marginale, devient ici un pilier de la politique agricole nationale.

La plaine de Mléta dessine les contours d’une agriculture plus résiliente et plus souveraine. Un modèle qui, s’il est consolidé, pourrait essaimer dans d’autres wilayas arides du pays et faire de l’Algérie un acteur majeur de la sécurité alimentaire en Méditerranée.

✍️ Ilyès. N

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