
Un leitmotiv exemple des multiples plaintes consignées dans les requêtes des habitants des vieux quartiers d’Oran, régulièrement adressées depuis des années aux responsables concernés, qui semblent à priori faire preuve de laxisme à l’égard de ce volet. Dans ces quartiers, nombre de familles sédentaires sollicitent la restauration de leur lieu de résidence en s’opposant farouchement à la démolition de ce qu’elles considèrent comme étant leur point de repère.
« Je vis toujours à Ed Derb où j’ai vu le jour et, qui n’a jamais fait l’objet d’une quelconque opération d’aménagement en dehors des démolitions. La qualification de vieux bâti n’est en fait, à mon humble avis, qu’un prétexte farfelu, une sordide dérobade, pour justifier l’indigence criarde des esprits en termes d’études de réhabilitation et d’architecture. L’état de déliquescence des vieux quartiers d’Oran, qui végètent exécrablement dans la désuétude, illustre parfaitement l’image de ce piteux état de fait sinon comment expliquer le fait qu’un grand nombre de superficies ayant abrité de vieilles bâtisses démolies se sont transformées en dépotoir sauvage » a commenté avec une pointe de dépit un retraité de la fonction publique demeurant dans le populeux quartier d’Ed Derb .
Notre interlocuteur a encore ajouté avec amertume « des natifs d’Oran, installés à l’étranger, ont eu les larmes aux yeux lors de leur visite-pèlerinage, en constatant la dégradation avancée de leur ancien lieu de résidence. Ils étaient extrêmement outrés par l’insolente indifférence des autorités locales à l’égard de tout ce précieux patrimoine, livré aux mignardises de la nature et aux actes de vandalisme perpétrés allègrement par l’inculte fidèle compagnon de l’incivisme, qui a très peu où pas du tout été ciblé par une véritable opération d’entretien et de sauvegarde « .
A ce propos d’aucuns s’accordent à dire « qu’en toute vraisemblance l’engouement de l’extension de la ville vers sa région Est, semble constituer l’essentiel de l’argument pour légitimer le renvoi aux calendes grecques d’un aménagement visant à restaurer les incontournables repères d’Oran« . Toujours est-il que les effondrements de bâtisses, qui ont été assez souvent synonymes de tragédie, semblent s’être banalisés et ce, au point où nul ne s’en offusque désormais. Ce triste constat n’est, malheureusement, que le fruit d’un manque de considération pour la restauration du mythique patrimoine d’Oran.
« C’est aberrant et inadmissible en partant du fait que dans un passé encore vivace Oran a été classée parmi l’une des plus belles métropoles du bassin méditerranéen » a fait remarquer avec dépit un riverain du quartier de Gambetta. D’autres témoignages poignants, revendiquant en général des actions urgentes pour tenter d’endiguer l’apocalyptique déchéance du patrimoine d’Oran, ont été glanés auprès des habitants des vieux quartiers de la capitale de l’ouest.
Rachid Boutlélis


