
Près de 100 000 personnes refoulées de Guinée recensées à Bamako, six morts à la frontière
Près de 100 000 personnes refoulées de Guinée ont été recensées dans le district de Bamako et six décès enregistrés à Kouremalé, à la frontière entre le Mali et la Guinée, selon un bilan communiqué par les autorités maliennes, alors que Conakry annonce l’interpellation de 1 263 personnes de plusieurs nationalités dans le cadre d’opérations contre l’exploitation anarchique de l’or.
Dans un communiqué publié le 7 novembre 2026, le Centre de coordination et de gestion des crises (CECOGEC) indique qu’« à la date du 07 novembre 2026, le bilan fait état d’environ 100 000 personnes dans le District de Bamako et de près de 60 000 à Kouremalé ».
Le document précise que des blessés ont également été signalés et que « six (06) décès ont été enregistrés à Kouremalé ».
Face à cet afflux massif de personnes en provenance de Guinée, le gouvernement malien affirme avoir engagé plusieurs mesures d’urgence pour assurer « leur accueil, leur sécurisation, leur assistance et l’organisation de leur retour dans leurs pays ».
De son côté, le gouvernement guinéen a annoncé l’interpellation de 1 263 personnes de différentes nationalités, dans le cadre des opérations menées contre l’exploitation anarchique et illégale de l’or dans la région administrative de Siguiri.
Dans un communiqué conjoint publié le 7 novembre, les ministères guinéens de la Défense nationale et de la Sécurité et de la Protection civile précisent que les personnes interpellées sont des ressortissants guinéens, burkinabè, maliens, togolais, nigériens, ivoiriens et ghanéens, considérés comme des « récalcitrants ».
Selon les autorités guinéennes, ces personnes ont été conduites à Conakry pour les besoins de la procédure judiciaire. « Les officiers de police judiciaire de la Police Nationale et de la Gendarmerie Nationale procèdent actuellement à leurs auditions. À l’issue de ces auditions, les intéressés seront déférés devant les juridictions compétentes, conformément à la loi », indique le communiqué.
Les deux départements ministériels assurent que « durant toute la procédure, les intéressés seront traités dans le respect de leur dignité et de leurs droits ».
Conakry affirme également que les opérations conduites sur le terrain sont conformes aux lois et règlements en vigueur en Guinée et qu’elles « continueront à se dérouler avec rigueur et professionnalisme ».
Les autorités guinéennes précisent que ces mesures s’inscrivent dans le prolongement de l’interdiction totale de l’exploitation anarchique de l’or dans la région de Siguiri. Elles indiquent que des sanctions ont également été prises contre des responsables administratifs accusés de manquements dans la gestion de cette situation.
Selon le communiqué conjoint, vingt-deux administrateurs territoriaux civils et militaires, dont le gouverneur par intérim, quatre préfets et dix-sept sous-préfets de la région de Siguiri, ont été radiés de la fonction publique par décret présidentiel. Par ailleurs, 479 présidents de district et de quartier ont été limogés par le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation.
Les autorités guinéennes indiquent que les opérations se poursuivent également dans les localités de Mandiana, Kérouané et Kouroussa, ainsi que dans d’autres zones confrontées à l’exploitation illégale de l’or.
Sur le terrain, le gouvernement malien a mobilisé d’importants moyens logistiques pour organiser le retour des personnes concernées. Le 5 novembre, le Burkina Faso avait mis à disposition 47 bus, auxquels se sont ajoutés deux bus mobilisés par le Mali, permettant le retour de près de 3 430 personnes.
Le 6 novembre, le Mali a déployé 74 camions et 24 bus pour assurer le convoyage d’environ 15 000 personnes vers le Burkina Faso.
Les opérations se sont poursuivies le 7 novembre avec la mobilisation de 60 camions et 10 bus par le Mali, ainsi que 48 cars par le Burkina Faso.
Sur le plan sanitaire, le CECOGEC fait état de la prise en charge de 413 personnes dans différentes structures de santé du district de Bamako. Un site d’accueil d’urgence a également été aménagé et sécurisé à Ouinzinbougou.
Le gouvernement malien a présenté ses condoléances aux familles des victimes et exprimé sa compassion aux personnes affectées, tout en souhaitant « un prompt rétablissement aux blessés ».
De son côté, le CECOGEC a appelé les autorités régionales à maintenir « un niveau de mobilisation et de vigilance maximal » pour garantir l’encadrement des opérations d’accueil, d’identification, d’enregistrement, d’assistance et de retour des personnes concernées.
✍️ Agences


