Une baisse inédite des prix de l’or
L‘or de 18 carats importé d’Italie se négocie actuellement à 26.000 dinars le gramme, tandis que l’or local de même carat propose un prix encore plus attractif, à 22.000 dinars le gramme. Cette chute spectaculaire marque un tournant notable sur le marché oranais, après une période de flambée record qui avait mis à rude épreuve le pouvoir d’achat des consommateurs. Cette baisse intervient dans un contexte de volatilité extrême des cours, comme l’explique Seddik, bijoutier de père en fils, qui observe le marché depuis des décennies.
« L’or avait subi une hausse de près de 160% en dix ans avant de baisser actuellement. Il y a dix ans, le gramme d’or local de 24 carats était de 5.000 dinars le gramme« , compare-t-il avec une pointe de nostalgie. Ce recul actuel ne doit toutefois pas masquer la tendance haussière de fond : « L’or a augmenté d’environ 13% depuis le début de l’année 2024 avant de baisser« , précise le professionnel.
Ces fluctuations témoignent de la sensibilité du marché aux facteurs économiques nationaux et internationaux, entre inflation, taux de change et demande saisonnière. Pour les bijoutiers d’Oran, cette décrue représente à la fois une bouffée d’oxygène et un défi commercial. D’un côté, la baisse des prix pourrait raviver l’intérêt des clients, notamment à l’approche des grandes occasions comme les mariages et les fêtes religieuses, périodes traditionnellement propices à l’achat de bijoux.
De l’autre, les professionnels doivent gérer des stocks achetés à des prix élevés et ajuster leurs marges dans un marché devenu plus concurrentiel. Certains commerçants hésitent à solder leurs réserves, craignant un rebond soudain des cours, tandis que d’autres y voient une opportunité de dynamiser leurs ventes et de fidéliser une clientèle échaudée par des mois de prix prohibitifs.
À terme, l’évolution du marché oranais dépendra de multiples paramètres : la stabilité du dinar, l’évolution des cours internationaux de l’or, mais aussi la confiance retrouvée des consommateurs. Si la baisse actuelle offre un répit bienvenu, elle rappelle que l’or reste un placement refuge dont les cours peuvent varier brusquement.
Pour les bijoutiers oranais, l’enjeu consiste désormais à naviguer habilement entre opportunités commerciales et prudence financière, tout en préservant la relation de confiance tissée avec une clientèle attachée à la valeur symbolique et patrimoniale du métal jaune.
✍️ Ilyès. N


