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Oran : Akid Lotfi, quartier le plus cher d’Oran

Produits de consommation courante

Akid Lotfi, quartier le plus cher d’Oran

À Oran, le quartier d’Akid Lotfi s’est imposé comme un pôle commercial majeur, mais ses prix suscitent une controverse croissante.

Les produits de large consommation, les denrées alimentaires de première nécessité (hormis ceux subventionnés et plafonnés comme l’huile de tournesol et le lait) ainsi que les articles les plus divers, des fruits et légumes à l’habillement en passant par la cosmétique et les jouets pour enfants, y affichent des tarifs souvent deux à quatre fois supérieurs à ceux pratiqués dans le centre-ville, à Oran Ouest, à Belgaïd ou à Gambetta. Cet écart, loin d’être anecdotique, interroge la logique commerciale qui prévaut dans ce quartier.

Les exemples concrets abondent

Un jouet pour enfant vendu 200 dinars à Gambetta atteint 1.000 dinars à Akid Lotfi, soit cinq fois son prix. Le poulet, à 540 dinars le kilo à Akid Lotfi, s’affiche à 430 dinars à Gambetta. Les oignons, à 60 dinars le kilo à Emir Abdelkader (ex- Saint-Rémy), grimpent à 100, voire 150 dinars à Akid Lotfi. Ces disparités ne concernent pas les produits dont les prix sont encadrés par l’État, mais bien l’ensemble des biens de consommation courante, ce qui rend la différence d’autant plus sensible pour les ménages. Cette situation s’explique en partie par la position singulière d’Akid Lotfi dans le paysage commercial oranais.

Le quartier est devenu un véritable pôle d’attraction, fréquenté non seulement par ses résidents mais aussi par des consommateurs venus d’autres quartiers et des diverses wilayas. Les commerces y adoptent une présentation moderne, misent sur des produits importés (notamment de Chine et de Turquie) et ciblent une clientèle en quête de standing.

Dans ce contexte, le prix ne reflète plus seulement la valeur d’usage du produit, mais devient un marqueur social, un signal d’appartenance destiné à distinguer une clientèle « privilégiée« . Pour les habitants des autres quartiers d’Oran, Akid Lotfi reste ainsi un lieu que l’on visite pour regarder les vitrines plutôt que pour faire ses courses. La cherté des prix, loin d’être un simple effet de l’inflation ou des coûts d’exploitation, traduit une segmentation commerciale assumée, où l’accès à certains biens se monnaie au prix fort.

Cette réalité pose une question de fond : celle de l’égalité d’accès à la consommation dans une ville où les écarts entre quartiers ne cessent de se creuser dans une cité habitée en majorité par des familles à revenu modeste.

✍️ Ilyès. N

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