Suprême ironie, les commerçants, qui se sont spontanément donnés le mot pour augmenter le prix des oeufs, justifient leur écorne à travers le fait qu’ils achètent leur marchandise au prix fort tout en se disant être beaucoup plus à plaindre qu’à blâmer. Un ridicule outrancier qui ne dit pas son nom.
D’aucuns s’accordent à dire que « l’insuffisance manifeste de contrôle chez les établissements de commerce à accouché de cet indésirable état de fait. Seules des inspections rigoureuses et régulières pourraient arrêter cette saignée« .
Il importe de signaler que cette subite hausse du prix des oeufs intervient dans la foulée après l’augmentation du prix du kilogramme de la viande blanche. En effet, selon le constat relevé au niveau des boucheries de volaille, le poulet qui constituait l’essentiel du luxe du plat du pauvre est devenu inaccessible pour les petites bourses.
Proposé à 450 dinars le kilogramme, le poulet se négocie désormais à partir de 600 dinars et plus chez certaines boucheries d’Oran. Notons que la viande blanche est notamment demandée par les familles aux revenus modestes, qui ne sont pas en mesure d’acheter de la viande rouge en raison de son prix devenu inabordable pour elles. «Nous ne sommes nullement surpris par l’envolée du prix des oeufs et de la viande blanche. Le contraire nous aurait d’ailleurs certainement surpris. Ce que nous pouvons faire c’est de courber le dos pour tenter un tant soit peu de faire face à cette nouvelle saignée» a fait remarquer une ménagère habituée du marché de la rue des Aurès, « ex-La Bastille », répertorié en plein centre ville d’Oran.
Toujours est-il que sans avoir l’air d’y toucher, la spéculation profite sournoisement de l’absence de réaction des uns et des autres chargés de la régulation du secteur commercial à Oran et n’hésite pas ainsi à exploiter cette aubaine à outrance et ce, sans se soucier des néfastes répercussions, qui en découlent sur le budget des familles de smicard en particulier.
Notons dans cette saugrenue situation que même l’informel, qui s’est approprié de larges espaces au sein et aux abords immédiats des marchés d’Oran, semble également profiter de cette spéculation, et ce, en imposant sa présence et ses prix au même titre que les autres établissements de commerces autorisés.
✍️ Rachid Boutlélis


