À Aden, capitale du gouvernement internationalement reconnu où se trouve l’OIM, son responsable pour le Yémen, Abdusattor Esoev, estime que la situation n’est pas encore hors de contrôle, mais qu’il faut éviter une nouvelle aggravation. « Les personnes sont déplacées dans plusieurs districts et gouvernorats différents. La plupart arrivent à Taez », explique-t-il au micro d’Aabla Jounaïdi. « Nous nous attendons à ce que le nombre de personnes arrivant à Aden augmente dans les jours à venir, mais cela dépendra aussi de l’évolution de la situation », ajoute-t-il.
L’évolution des déplacements dépendra notamment de la poursuite des opérations militaires. « Nous devons donc encore déterminer s’il y aura une contre-attaque ou une contre-offensive de la part de l’une ou l’autre des parties, qu’il s’agisse des forces du nord ou des forces armées yéménites du sud », souligne Abdusattor Esoev.
En cas de nouveaux troubles, le responsable de l’OIM s’attend à une augmentation du nombre de déplacés et à un afflux plus important vers le gouvernorat de Lahej, puis vers Aden, qui reste « pour l’instant un endroit sûr ». L’organisation appelle les parties à faire preuve de retenue, à garantir un passage sûr aux civils et à permettre à l’aide humanitaire de parvenir aux personnes qui en ont besoin.
Beaucoup de familles déplacées aujourd’hui avaient déjà été contraintes de fuir, parfois à plusieurs reprises, au cours des douze années de conflit au Yémen. Selon l’OIM, elles sont épuisées, ne disposent plus de ressources et, pour beaucoup, ont fui avec seulement les vêtements qu’elles portaient.
✍️ RFI


