
Selon la pénible réalité du terrain, certains d’entre eux, parmi lesquels figurent des adolescentes, ne jouissent pas de toutes leurs facultés mentales. Les jeunes filles se trouvent ainsi les plus exposées à des agressions.
Ces personnes passent leur nuit au niveau de la place Vassas, celle du 1er novembre 1954, situées en plein coeur de la municipalité d’Aïn El Turck et des encoignures de portes sur les boulevards du centre-ville plus particulièrement, ainsi que d’autres endroits qu’ils jugent adéquats pour dormir.
D’aucuns s’accordent à s’interroger sur les circonstances, qui sont à l’origine de la présence de ces personnes sans domicile fixe dans cette municipalité, distante de plusieurs centaines de kilomètres de leur lieu d’origine. Des supputations sont même parfois chuchotées à propos du comment et du pourquoi des raisons, qui les ont poussés à atterrir à Aïn El Turck.
COMBIEN SONT-ILS À ERRER DANS LA VILLE ?
Aucune statistique exacte n’a été établie en partant du principe que l’on ne peut inclure dans des données officielles quelque chose qui n’est pas censé exister. Les habitants semblent à priori habitués à leur présence mais tout en continuant en revanche à la décrier. Certains parmi ces sdf ont été adoptés, avec le temps, par les habitants, et font ainsi désormais partie du décor.
« Il nous arrive souvent de leur donner de l’argent où à manger où encore des vêtements. Souvent, ils nous sollicitent pour une cigarette ou encore nous demandent de régler leurs consommations dans les cafétérias des quartiers. Du moment que personne ne les taquine, ils ne sont pas en général agressifs » a fait remarquer un riverain de la localité de Saint Germain. Des déclarations analogues ont été formulées par d’autres interlocuteurs d’Aïn El Turck, ayant été abordés à ce sujet.
« Il s’agit d’un phénomène qu’il faudrait prendre en considération. Refuser de le reconnaître équivaut à tenter de cacher le soleil avec un tamis. Nous revendiquons, pour le bien être de toute une population et également et surtout celui de ses personnes sans domicile fixe, des opérations régulières de ramassage« , ont tenu à souligner nos interlocuteurs avec un mélange de sidération et d’inquiétude.
✍️ Rachid Boutlélis


