
L’affaire remonte au 7 juillet 2023, lorsque le couple devait se marier à l’hôtel de ville de Béziers. Le maire Robert Ménard avait refusé de célébrer l’union, invoquant des soupçons de « mariage blanc ». Pourtant, le parquet de Béziers ne s’était pas opposé au mariage, estimant, le 16 juin 2023, qu’il n’existait pas suffisamment d’éléments sérieux permettant de présumer une absence de consentement matrimonial.
Treize jours après la cérémonie empêchée, Mustapha avait été expulsé vers l’Algérie, le 20 juillet 2023, après son placement en centre de rétention administrative. Le couple avait alors vécu séparé pendant plusieurs années.
Selon le droit français, la situation irrégulière d’un étranger ne constitue pas, à elle seule, un obstacle au mariage. Une opposition peut notamment être formée par le parquet lorsqu’il existe des éléments permettant de soupçonner une fraude.
En juillet dernier, Eva et Mustapha ont finalement célébré leur mariage à Bir El Djir. L’acte a ensuite été transcrit dans les registres de l’état civil français le 24 août, permettant sa reconnaissance par l’administration française.
Le volet judiciaire de l’affaire reste toutefois ouvert. Robert Ménard doit comparaître le 30 septembre 2026 devant le tribunal judiciaire de Montpellier pour son refus, en 2023, de célébrer le mariage alors que le parquet n’avait pas fait opposition.
✍️ Touaf Ikram


