
Le souverain et la reine Letizia ont serré des nombreuses mains et échangé avec les Ceutiens présents en nombre à proximité de la mairie de la ville, première étape de leur déplacement.
« Felipe, Felipe!« , « Vive l’Espagne« , crient les spectateurs, dont beaucoup agitent des drapeaux espagnols ou de Ceuta.
« Nous attendions cette visite depuis longtemps« , déclare à l’AFP Toñi Jiménez, une aide-soignante de 56 ans: « Cela compte beaucoup pour nous, parce que c’est un soutien qui permet d’éviter que notre voisin d’à côté, le Maroc, soit constamment dans cette logique selon laquelle Ceuta et Melilla sont marocaines« .
Il s’agit de la première visite d’un souverain espagnol dans l’enclave depuis celle de Juan Carlos, le père de Felipe VI, en 2007, qui avait alors provoqué une crise diplomatique avec Rabat. Mercredi, Felipe VI et Letizia se rendront à Melilla, l’autre enclave espagnole située en territoire nord-africain.
Ce déplacement met à l’épreuve les relations avec le Maroc, dont le roi Mohammed VI a défendu vendredi le « partenariat » avec l’Espagne tout en rejetant fermement toute tentative de « pression » ou de « chantage » : le souverain marocain a affirmé devant le Parlement que le partenariat avec Madrid avait connu « d’importantes avancées« , y compris en matière de lutte contre les migrations irrégulières mais qu’il se heurtait aujourd’hui à « des défis majeurs« .
La visite de Felipe VI et Letizia intervient en outre à moins de sept semaines des élections anticipées du 29 novembre, alors que la question migratoire s’annonce comme un des thèmes majeurs de la campagne.
Près de deux décennies après la dernière visite royale, Ceuta, qui compte quelque 80.000 habitants, tente de retrouver une certaine normalité après le choc provoqué par l’arrivée de plus de 70.000 migrants venus du Maroc fin juillet.
✍️ AFP

