
A cet sujet, il déclare avec pondération « mon premier titre était wess wess qui reflète ce que je ressens» . A l’évidence, l’artiste émérite écoute ce que lui chuchote et conte son âme. Ses thématiques se circoncrivent dans la parole intérieure, dans la spiritualité , dans la vie et la mort. Il semblerait qu’il y ait un dialogue constant avec son âme ! Comme disait un grand artiste peintre «la peinture est la face cachée de l’iceberg». Ces peintures sur toile à l’huile aux lignes d’une maîtrise extraordinaire et aux tons tantôt vifs tantôt éthérés, traduisent l’engoument du plasticien qui apprécie particulièrement la couleur. Lorsqu’il représente des silouhettes, évanescentes aux teintes vives, il met en relief ce bruissement de l’âme; d’autres toiles aux tons éthérés montrant des paysages paisibles se déclinent dans une quiètude et un apaisement certain. Sa palette est vive, lumineuse et aussi sublime et arachnéenne. Elle conte ce murmure de son âme et exprime la sérénité, mais aussi quelque fois l’incertitude et la perplexité.
Des tableaux aux couleurs éclatantes et intenses flirtent avec d’autres aux tons plus vaporeux et aériens. Son habileté magistrale de la couleur est exceptionnelle ; et on pourrait lui afflubler le nom de maître de la couleur tant celle-ci est agencée superbe-ment. Avec des titres comme «La baie d’Alger», «Sidi Abderrahmane», Le «assin», Procession», «Mon jardin sacré», «Le bateau», «Tamanrat», «Madrague», «Voilier» etc, c’est toute la vie dans son ampleur et sa démesure qui est étalée sur ses compositions.
A cet effet, le plasticien chvronné estime que «notre socièté est régie par la naissance, le mariage et la mort» ce qui ne permet pas de latitude. L’artiste semble cantonné dans un carcan qui l’enserre et cette sensation semble le déranger. Est-il un être toumenté ou pessimiste? Indéniablement , ni l’un ni l’autre, mais il interpelle, questionne et doute ! N’est-ce pas le propre de l’homme de douter ? La peinture de ce physicien de formation reflète des moments agréables et de tranquillité , ainsi que d’autres avec plus de reflexions, d’interrogations et de tourmente. Sa relation avec le troisième art a été presque innée, mais c’est à l’âge adulte que cette passion s’est prononcée et «c’est devenu une thérapie» dit-il. «Lorsque je peinds, je suis en harmonie et en paix», précise-t-il. Dans ses superbes compositions , l’artiste excorcise ses peurs, ses angoisses et pensées.
La peinture est un exutoire à toutes ses réflexions . Il rejette toutes idées délétères et rappelle que l’essentiel c’est la beauté de la vie. Indubitablemnt, on peut affirmer d’une manière péremptoire que la peinture de Jamel Zerouk est son exutoire. Dans le registre des expositions, Jamel n’est pas très démonstratif, il n’a fait que deux collectives et celle-ci est la première exposition individuelle. D’une grande humilité, il préfère pas trop de visibilité au regard de la densité de sa vie intérieure, qu’il veut mettre à l’abri des indiscrets. A tous les férus de peinture, cette magnifique exposition qui se tient du 1er au 30 août au Sofitel mérite un grand détour !


