Culture

Des rues aux villes : ces noms algériens qui témoignent de l’amitié entre l’Algérie et les États-Unis

El Kader, Alger, Biskra, Deglet Noor… Autant de noms qui évoquent immédiatement l’Algérie. Pourtant, ils figurent aussi sur la carte des États-Unis, où ils rappellent une histoire commune vieille de plus de deux siècles entre les deux pays.

À l’occasion des célébrations du 250ᵉ anniversaire de l’indépendance des États-Unis, l’ambassade américaine en Algérie a mis en lumière ces références d’inspiration algérienne présentes sur le territoire américain. À travers cette initiative, la représentation diplomatique souligne la profondeur des relations algéro-américaines, bâties sur le respect mutuel, les échanges culturels et une mémoire partagée.

L’exemple le plus emblématique est sans doute El Kader, une petite ville de l’État de l’Iowa fondée au XIXᵉ siècle. Ses créateurs ont choisi de lui donner le nom de l’Émir Abdelkader, dont la renommée dépassait déjà largement les frontières de l’Algérie. Figure de la résistance à la colonisation française, l’Émir était également reconnu pour son humanisme, notamment après avoir protégé les communautés chrétiennes de Damas en 1860.

Cette admiration s’est concrétisée en 1984 par le jumelage entre El Kader et Mascara, ville natale de l’Émir Abdelkader. Depuis plus de quarante ans, ce partenariat favorise les échanges culturels, éducatifs et humains, renforçant les liens d’amitié entre les habitants des deux villes.

D’autres références algériennes apparaissent également aux États-Unis. Une localité de l’Indiana porte le nom d’Alger, tandis que certaines rues rendent hommage à Biskra ou à la célèbre variété de dattes Deglet Noor, autant de témoignages de l’empreinte culturelle algérienne outre-Atlantique.

Cette reconnaissance est réciproque. À Alger, plusieurs lieux publics perpétuent le souvenir de personnalités américaines ayant marqué l’histoire des relations entre les deux pays. La rue Roosevelt honore le président Franklin D. Roosevelt, dont la Charte de l’Atlantique, signée en 1941 avec Winston Churchill, a consacré le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, une idée qui inspirera de nombreux mouvements de libération, dont celui de l’Algérie.

La place Kennedy, quant à elle, rappelle le soutien affiché par John F. Kennedy à la cause algérienne. Alors sénateur, il avait défendu le droit du peuple algérien à l’autodétermination avant de poursuivre, une fois élu président, le rapprochement avec l’Algérie indépendante.

À travers ces villes, ces rues et ces lieux de mémoire, se dessine une histoire commune qui dépasse le cadre des relations diplomatiques. En mettant en avant ces symboles à l’occasion du 250ᵉ anniversaire de l’indépendance américaine, l’ambassade des États-Unis rappelle que les liens entre Alger et Washington s’inscrivent aussi dans la géographie, le patrimoine et la mémoire des deux peuples.

✍️ Bouhadjela Amina

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