La Maison Blanche n’a pas immédiatement réagi. Mais des responsables de l’exécutif américain cités par le New York Times et le Washington Post ont assuré que les États-Unis n’avaient aucun projet de vendre des armes à la Chine. « La législation américaine interdit les ventes d’armes à la Chine et il n’y a aucune offre ni projet d’une telle vente », a rappelé le Département d’État dans une déclaration au Times.
L’ambassadeur américain à Pékin a assuré sur Fox News que la position des États-Unis sur le soutien à Taïwan « n’a pas changé ». Les États-Unis ont validé en décembre 2025 une vente d’armes à Taïwan pour un montant de 11,1 milliards de dollars, la plus importante depuis près de vingt-cinq ans. En revanche, une autre livraison massive à hauteur de 14 milliards souhaitée par Taïpei a été mise en suspens au printemps peu après une visite de Donald Trump en Chine.
Taïwan, monnaie d’échange
Si on est encore très loin de la signature de contrats, le simple fait d’évoquer la vente d’armes à la Chine a de quoi inquiéter l’île de Taïwan qui vit sous la menace d’une invasion chinoise. « On sent à Taïwan une certaine fébrilité du fait de la position un peu changeante du président américain. Il a déjà dit plusieurs fois que Taïwan, c’était loin, qu’il n’allait pas mobiliser des moyens importants pour aller aider cette île, que Taïwan avait volé l’industrie des semi-conducteurs aux États-Unis. Maintenant, le président américain semble se servir de Taïwan comme d’un moyen de pression et discute de cette question d’armement avec son interlocuteur chinois. Ce n’était absolument pas le cas il y a encore un ou deux ans », analyse sur RFI Philippe Le Corre professeur de géopolitique à l’ESSEC, et chercheur à l’Asia Society Policy Institute.
Le diplomate américain David Perdue a fait valoir que l’accord de décembre montrait que l’administration Trump avait vendu « plus d’armes à Taïwan que tout autre président depuis 1979 » sur Fox News. « Il y a des discussions continues au sujet d’autres ventes » et les présidents Trump et Xi « en parlent chaque fois qu’ils se rencontrent », a ajouté le diplomate.
La méthode Trump ou la diplomatie transactionnelle
« Le mandat Trump 2.0, c’est le mandat de la transaction par excellence. Depuis le retour de Trump à la Maison Blanche en janvier 2025, on voit bien avec la guerre des droits de douane, avec les relations bilatérales qu’il entretient avec les uns et avec les autres, qu’il a tourné le dos au multilatéralisme. On est dans le transactionnel sur le plan économique, sur le plan stratégique, on met tout sur la table, ce qui est évidemment très embêtant dans une région où on considère que la présence américaine est essentielle pour protéger un certain nombre de pays des ambitions principalement chinoises, mais aussi nord-coréennes », détaille Philippe Le Corre.
Les ventes d’armes à Taïwan restent un sujet épineux entre Washington et Pékin. Les États-Unis sont légalement tenus de fournir à l’île, gouvernée par un président et un Parlement démocratiquement élus, des armes pour assurer sa défense. En juin, la Chine a averti Taïwan que « rechercher l’indépendance en s’appuyant sur les États-Unis ou par la force militaire constitue une impasse ».
La Chine a juré de reprendre le contrôle de Taïwan, qu’elle considère partie intégrante de son territoire, sans exclure un recours à la force, intensifiant ces dernières années sa pression militaire.
✍️ RFI


