
Né en 1896 à Froha, dans la wilaya de Mascara, El-Khaldi grandit entre l’enseignement coranique et l’école française. Après avoir exercé plusieurs métiers, il s’installe définitivement à Oran en 1946, où il côtoie les grands maîtres de la chanson populaire et s’impose progressivement comme un poète majeur.
Aux côtés de Cheikh Hamada et de Cheikha Remitti, il contribue à façonner le patrimoine de la chanson bedouine oranaise. Ses textes seront repris par Blaoui Houari, Ahmed Wahby, Ahmed Saber et M’hamed Benzerga, avant que certains ne connaissent une nouvelle vie avec Khaled et le raï moderne.
Derrière « Bakhta » se cache une histoire d’amour douloureuse. La jeune femme, en réalité prénommée Khaira, inspira au poète plus de soixante poèmes après leur rencontre à Tiaret. Son mariage avec un autre homme transforma cette passion en une source inépuisable de mélancolie, qui marquera également d’autres œuvres, notamment « Ya L’Goumri ».
Décédé à Oran en 1964, Abdelkader El-Khaldi a laissé une œuvre qui continue de traverser les générations, faisant de son chagrin une véritable langue poétique.
✍️ Bouhadjela Amina


